Mourinho, îles Vierges et paradis fiscaux en cascade

Discussion dans 'Football' démarrée par nino42, 5 Décembre 2016.

  1. nino42

    nino42 Fondateur Membre de l'équipe Administrateur

    Messages :
    8 177
    "J'aime" reçus :
    72
    Points de Trophée :
    48
    L’entraîneur vedette de Manchester United, double vainqueur de la Ligue des champions, a caché 12 millions d’euros en Suisse au travers d’une société offshore qu’il contrôlait via un trust néo-zélandais. Des documents Football Leaks montrent que Mourinho a dissimulé des informations au fisc. Ce qui pourrait lui valoir des poursuites pénales.

    Ilne faut jamais traîner dans les forêts autrichiennes. Demandez à José Mourinho : c'est là qu'il était occupé à préparer ses superstars de Chelsea pour la nouvelle saison quand la lettre du fisc espagnol est arrivée, le 23 juillet 2014, chez ses avocats. Le courrier de l'Agencia Tributaria de Madrid n'annonçait rien de bon : une enquête sur ses impôts lorsqu'il entraînait le Real Madrid, entre 2010 et 2013.

    Surnommé le « Special One », le fringant Portugais savait que tout cela pouvait mener loin, des îles Vierges britanniques en Nouvelle-Zélande, jusqu'à la cache inviolée de son magot secret : un compte en Suisse (Banque cantonale de Saint-Gall), où prospéraient en toute discrétion 12 millions d'euros, qu’il avait oublié de déclarer aux impôts. Comme un joueur qui ferait une main dans la surface de réparation sans que l'arbitre ne le voie.

    [​IMG]


    Seulement voilà, l’arbitre fiscal madrilène l’a vu. Il lui a infligé un redressement de 4,4 millions d’euros, pénalités comprises. Au grand soulagement de ses avocats, qui craignaient que leur client ne se retrouve en plus devant la justice pénale et écope d’une peine de prison. C’est une évidence : Mourinho se sent mieux à Manchester United, où il est arrivé à l’été 2016, recrutant dans la foulée le joueur le plus cher du monde, le milieu international français Paul Pogba, pour 105 millions d’euros.

    Durant exactement dix ans, le système offshore s’était montré d’une redoutable efficacité. Il avait justement été mis en place pour Mourinho en 2004 par son agent Jorge Mendes, qui l’a ensuite étendu à ses plus riches poulains comme Cristiano Ronaldo. L’argent gagnait le paisible canton de Saint-Gall via les sociétés de Mendes en Irlande, pour arriver sur des comptes détenus par des sociétés offshore immatriculées aux îles Vierges britanniques. C’est ce que révèlent les documents Football Leaks analysés par le consortium de journalistes d’investigation EIC, dont Mediapart fait partie .

    Les documents Football Leaks montrent même que Mourinho est allé encore plus loin que ses illustres camarades du système Mendes en matière de sophistication pour cacher l’argent. Selon le bon vieux principe des poupées gigognes, sa coquille aux îles Vierges, baptisée Koper Services, était détenue par un trust en Nouvelle-Zélande, administré par des prête-noms qui cachaient l’entraîneur et sa famille. Surtout, l’enquête de l’EIC et de Mediapart révèle que ses comptables et avocats ont dissimulé des informations au fisc pour faire croire que sa société – en fait, une coquille vide – avait une activité réelle et devait payer d'importantes dépenses minimisant ses impôts.

    Cette tactique a atteint son but à la fois dans l'enquête espagnole et lors de celle menée en 2010 par le fisc anglais sur les revenus de son premier passage à Chelsea (2004-2007). Chaque fois, Mourinho a conclu des accords négociés, payant pour ses revenus non déclarés mais évitant des poursuites pénales. Cela lui a aussi permis de rester discret sur ces accrocs.

    Grâce à (ou à cause de) Football Leaks, les inspecteurs du fisc vont peut-être devoir se remettre au travail dans les deux pays. Après avoir étudié les documents en possession de l’EIC, Albert Sanchez-Graells, spécialiste du droit espagnol à l'université de Bristol, n’a pas le moindre doute : « Une enquête pénale pour fraude fiscale doit être lancée contre José Mourinho en Grande-Bretagne et en Espagne », assure-t-il à l’EIC. Selon lui, les documents « suggèrent que son équipe a délibérément trompé deux enquêtes fiscales sur ses montages offshore destinés à dissimuler des millions aux autorités ».

    Interrogé par l'EIC, le cabinet d'avocats Senn Ferrero, qui défend les intérêts de l'entraîneur, n'a pu que confirmer le redressement de Mourinho et les montants découverts par l'EIC. Il s'est en revanche bien gardé de répondre sur le reste : le montage, la dissimulation, les mensonges.

    Fils de footballeur mais pas trop doué pour la chose lui-même, José Mourinho, 53 ans, a discrètement débuté comme traducteur dans un club avant de gravir les échelons, apprenant auprès des plus grands comme Bobby Robson au Sporting Lisbonne ou Louis Van Gaal à Barcelone. C'était alors un homme effacé, mais dont les analyses tactiques étaient appréciées. C'est pour cela que Robson l’a pris dans ses bagages à Barcelone. Puis le « Mou » – surnom de Mourinho – s'est lancé avec le FC Porto pour devenir l’un des entraîneurs les plus efficaces du monde, passé maître dans l'art de la stratégie (souvent défensive) et la motivation de ses joueurs. Une grande gueule à son paroxysme, jamais meilleur que quand il faut appliquer la stratégie du « nous contre le reste du monde » avec une équipe inférieure, où la rage de prouver le contraire fait exploser les adversaires.

    Cet homme qui aime qu'on le déteste a été champion dans tous les pays où il a officié. Au Portugal avec Porto (2003 et 2004), en Angleterre avec Chelsea (2005 et 2006), en Italie avec l'Inter Milan (2009 et 2010), en Espagne avec le Real Madrid (2012). Il a gagné deux fois la Ligue des champions, avec Porto en 2004 – victoire incroyable d'un petit Poucet face aux monstres du foot-business –, puis avec les vieux grognards de l'Inter de Milan de 2010, battant au passage le meilleur club du monde, Barcelone.

    Bad boy impeccablement sapé, il est attendu pour ses bons mots, en général des vacheries sur ses adversaires, car Mourinho pratique le scud psychologique. L'homme a une très haute opinion de lui-même et adore le faire savoir.

    Les avocats de Mourinho se déchirent
    C'est ainsi que les millions se sont accumulés. Il fut un temps le coach le mieux payé du monde mais son ennemi préféré, Pep Guardiola, l'a dépassé à Manchester City. À Chelsea, en 2004/2005, il attaque à 6 millions d'euros annuels, puis obtient 1,2 million d'augmentation pour avoir gagné, dès sa première année, un titre qui échappait au club londonien depuis un demi-siècle. Quand il débarque à l'Inter Milan en 2009, il émarge à 17,63 millions d'euros annuels, le double de ce qui a été annoncé à l'époque. Au Real Madrid ensuite, il touche 14,9 millions d'euros. Ainsi, avant son deal actuel avec Manchester United (46,5 millions d'euros sur trois ans), il a accumulé 140 millions d'euros de salaires.

    Les esprits attentifs auront noté que Mourinho a malencontreusement subi une petite baisse de salaire entre Milan et Madrid. Pas d'inquiétude, car le club madrilène lui a octroyé un superbonus de 2,3 millions d'euros en droits à l'image. Des versements largement artificiels, calibrés pour distribuer des primes beaucoup moins taxées, et encaissables dans une société créée à cet effet. C’est justement le pactole de ses droits à l’image, versés par ses clubs et ses sponsors, que Mourinho n’a jamais déclaré au fisc
    [​IMG]

    Pour le « Special One », le voyage financier sous les cocotiers a débuté en 2004, lorsque Chelsea commence à lui verser son premier gros bonus en droits à l’image (1,5 million de livres sur trois ans). C’est alors qu’il crée sa coquille aux îles Vierges britanniques, Koper Services. L’argent transite d’abord par MIM et Polaris, les sociétés-taxis de l’agent Jorge Mendes, immatriculées en Irlande pour ne pas effrayer les clubs et les sponsors.

    Mourinho est sanctionné une première fois par le fisc britannique, qui s’est plongé dans ses revenus 2004-2008. Dans l'accord que Mourinho a signé en février 2010 pour clore l'enquête, il reconnaît que les sommes impayées « résultent entièrement ou en partie de [son] incapacité à respecter les prescriptions de la réglementation fiscale ».

    Mais le Her Majesty Revenues and Customs (HMRC), le fisc de sa gracieuse Majesté, se montre clément. Alors qu’il aurait normalement dû être taxé à 40 %, il ne l’a été qu’à 19 %, soit 288 300 livres, économisant 300 000 livres. Et il n’a payé aucune amende pour absence de déclaration, alors qu’il n’avait rien dit durant quatre ans.

    Comment est-ce possible ? En prétendant que Koper avait des frais importants, déductibles des impôts, alors même qu’il s’agissait en réalité d’une coquille vide simplement destinée à héberger le magot. C’est ce que montrent clairement les documents Football Leaks, auxquels les agents de sa majesté n'ont malheureusement pas eu accès – du moins, pas encore. Mais l'enquête espagnole prouvera par la suite que le million d'euros de frais allégués a été en grande partie gonflé artificiellement.

    Vu ce très bon deal signé début 2010 avec le fisc anglais, Mourinho continue à toucher le gros lot sur le compte suisse de Koper, comme si de rien n’était. Il entraîne alors l'Inter de Milan, avec lequel il gagne la Ligue des champions. Puis il se retrouve au Real, où il reçoit 2,3 millions d'euros par an en droits à l'image. Après le titre espagnol gagné en 2012, attendu depuis quatre ans par le Real, il a droit à sa petite augmentation : 18 millions d'euros de salaire par an, plus un bonus de droits à l'image de 3,17 millions.
    [​IMG]
    Extrait d'un relevé bancaire de José Mourinho à la St.Galler Kantonalbank © EIC

    Mourinho ne paye pas d'impôt sur ses droits à l’image. Forcément, il ne les déclare pas. Durant sept ans, l'argent s'accumule ainsi sur le compte de Koper aux îles Vierges. Il atteint les 12 millions d'euros quand arrive la lettre du fisc espagnol, dont le potentiel destructeur est énorme pour tous les clients de Jorge Mendes qui risquent, eux aussi, d'être découverts.

    L'agent embauche alors un ami pour voler au secours de son écurie : l’avocat Julio Senn, ancien directeur général du Real Madrid et fondateur du cabinet madrilène Senn Ferrero. Senn a conversé avec les banquiers suisses chargés du compte de Mourinho : l'affaire leur fiche une trouille pas possible. L’avocat redoute que les sociétés irlandaises du système Mendes soient considérées par les inspecteurs du fisc comme un moyen illicite offert aux footballeurs pour éviter de payer des impôts.

    Julio Senn découvre l'ampleur du montage auprès d’Andy Quinn, le comptable et fournisseur offshore de Jorge Mendes à Dublin, qui a mis en place les sociétés de collecte en Irlande. Ses relations deviennent vite difficiles avec Carlos Osorio, l'avocat historique de Mendes, celui qui, avec Quinn (le comptable), a élaboré tout le système, même s'il le conteste – il a assuré à l'EIC ne pas exercer dans le domaine fiscal.

    Les inspecteurs du fisc espagnol se posent une question toute simple. José Mourinho a-t-il payé des taxes sur son droit à l'image dans un quelconque pays entre 2010 et 2013 ? D’après les informations de l’EIC, Julio Senn est persuadé que non, mais il a besoin d’en avoir la confirmation auprès de son confrère Carlos Osorio, l’homme qui sait tout.

    Un double rideau défensif de prête-noms
    Senn est également aidé dans sa tâche par un expert fiscal, l'avocat Diego Rodriguez, du cabinet Garrigues. Celui-ci découvre une situation catastrophique, ce qui l’incite à réclamer que la facture de son avance d’honoraires (20 000 euros) soit rapidement honorée par Mendes et Mourinho avant que la situation ne dégénère – ce qui est inévitable, selon lui. Senn redoute que tout dégénère lorsque Mourinho découvrira la gravité de sa situation fiscale.

    D’après l’enquête de l’EIC, l’avocat Rodriguez a exprimé de vives réserves lorsque le montage a été élaboré. Il se plaint d’avoir été ignoré par ses confrères, mais il garde espoir d'éviter une procédure pénale. Vu que Mourinho est prêt à payer le fisc, il espère que cela empêchera les inspecteurs du fisc de transmettre le dossier au procureur. Il s’agirait d’une première victoire.

    Mais Rodriguez sait qu’il faudra payer et il fait tout pour limiter le montant de l’amende, qu’il juge certaine. Une guerre de positions s’ouvre alors entre les avocats de Mourinho. Ceux du cabinet Senn pensent qu’il y aurait tout à perdre à engager un conflit avec le fisc comme le prône Osorio (l’avocat historique de Mendes, très impliqué dans les montages en cause dont profite Mourinho, ce qu'il dément), car il est perdu d'avance et qu’il aura des conséquences médiatiques considérables.



    Les avocats espèrent se référer à l'enquête britannique, mais Quinn, le comptable irlandais au cœur du montage, le déconseille, expliquant que le fisc anglais a déjà considéré les droits à l'image comme des salaires déguisés, et les a imposés. Il ne faudrait donc pas donner la même idée au fisc espagnol… Surtout, produire le contrôle anglais montrerait aux agents du fisc madrilène que Mourinho a déjà été sanctionné pour le même montage, et qu'il a continué en tout connaissance de cause.

    L'angoisse monte d'un cran quand les avocats se rendent compte du caractère virtuel de la société Koper. En théorie, Mourinho a cédé ses droits à l'image à Koper, qui les exploite de façon autonome. Mais dans ce cas, comment est-il rétribué ? Rien n'est stipulé dans le contrat signé entre Koper et Mourinho en 2004. Or, si la société était vraiment une entité indépendante, le coach n'aurait pas cédé ses droits gratuitement.

    Autre écueil : comment prétendre que Koper a une activité ? Senn demande à Andy Quinn (le comptable) s’il y a vraiment des employés dans la société domiciliée aux îles Vierges ou du matériel pour développer une quelconque activité. À son grand malheur, le comptable irlandais confirme que Koper n’est qu’une coquille vide.

    Partie perdue ? Pas du tout. Les avocats de Mourinho trouvent la parade. Ils prétendent que Koper a bien une activité et qu'elle la facture sous forme de commissions au coach ombrageux. Ces commissions deviendraient alors par un savant jeu d’écritures comptables des frais donnant droit à un abattement fiscal, comme le fisc britannique l'a admis. Sauf qu’il s’agit d’une construction artificielle destinée à tromper le fisc espagnol.

    En octobre 2014, Senn fait les comptes de l’argent logé dans Koper : au 31 décembre 2013, le bilan indique que la structure doit 11 979 657 euros à Mourinho. Le brouillon des comptes établi par Quinn au début de l'enquête fiscale espagnole ne fait mention d'aucuns frais, d’après les documents Football Leaks. Qu'importe : les avocats inventent le coup du sombrero fiscal. Le document qu'ils remettent finalement au fisc fait brusquement apparaître une colonne baptisée « commission Koper ». Tous les paiements à Koper sont désormais frappés de frais miraculeux de 13,99 %, soit 1,49 million d'euros.

    Mais il reste un problème, de taille : les comptes en banque de la société ne mentionnent pas ces commissions. Et comment une société sans activité pourrait-elle avoir tant de frais ? Heureusement pour Mourinho, ces questions n'effleurent pas le fisc espagnol, qui a été trompé en deux temps. Primo, l'avocat Julio Senn prend le risque de se servir de l'enquête britannique.

    Secundo, à l'appui de son revirement, l’avocat produit un contrat très curieux, passé le 23 juin 2015 entre Koper et Mourinho. Ce document extraordinaire prétend entériner, a posteriori, un accord verbal de 2010 permettant à Koper de facturer des frais à Mourinho. C'est l'expert fiscal Rodriguez qui a eu l'idée d'insérer le terme « verbal » et de prétendre que l'accord date du 1er décembre 2010. Soit pile le premier jour de la période visée par l'enquête fiscale espagnole. Pour des faits comparables (un simple accord verbal), Michel Platini, l’ancien président de l’UEFA, a été sanctionné par la FIFA…

    [​IMG]
    En 2015, ce document fait état d'un accord verbal qui aurait été trouvé en 2010 © EIC

    Mais au fait, à qui appartient vraiment Koper ? Si son propriétaire s'appelle Mourinho, pourquoi se payerait-il des frais à lui-même ? Là encore, le fisc espagnol n'y a vu que du feu. Les actionnaires de Koper aux îles Vierges sont des cabinets fiduciaires locaux qui servent d’actionnaires de paille. Le vrai propriétaire est « un trust irrévocable » enregistré en Nouvelle-Zélande, le Kaitaia Trust, lui aussi administré par un fournisseur de services offshore.

    Forts de ce double rideau défensif de prête-noms, les avocats n’hésitent pas à fournir un document attestant que Mourinho « n'est pas un actionnaire direct ou indirect » de Koper. Ils espèrent que, par chance, le fisc s’en contentera.

    Et la chance est au rendez-vous. En juillet 2015, le fisc espagnol accepte les 13,99 % de frais pour Koper, ce qui permet de déduire 1 million d'euros de revenus. Mourinho doit une pénalité de 1,146 million d'euros sur ses droits à l'image, plus 3,3 millions d'euros de retards d'impôt.

    Dans la réponse que le cabinet Senn Ferrero a adressée à l'EIC, les avocats commettent cependant une énorme bourde. Ils reconnaissent que « Mourinho a ouvert la société Koper » à son arrivée en Grande-Bretagne. En d'autres termes, ils admettent une information qu'ils se sont donné toutes les peines du monde à dissimuler à l'administration fiscale.

    [​IMG]
    Ce document prouve que Mourinho, c'est Koper

    Est-ce parce qu'ils ont compris que nous possédions les documents pour le prouver ? Est-ce parce qu'ils ont déjà réussi à éviter l'essentiel à leurs yeux, la procédure pénale ? Les avocats craignaient par-dessus tout un destin à la Messi, la vedette argentine du FC Barcelone condamnée, le 6 juillet 2016, à 21 mois de prison par la justice espagnole pour avoir soustrait 4,1 millions d’euros au fisc, moyennant un montage similaire réalisé par son père.

    Sur le plan fiscal, Mourinho a battu l'Argentin sans discussion. Ses avocats ont réussi à dissimuler l'essentiel : l'acte de création du Kaitaia Trust, datant de juin 2008, signé par Mourinho, qui le contrôle et en est le fondateur. Les bénéficiaires sont son « épouse actuelle et ses enfants ». José Mourinho a donc prétendu que sa femme et ses enfants lui ont réclamé 1,5 million d'euros de frais, pour une société qui ne fournissait aucun service.

    On l'a connu plus inspiré, mais cette fiction s'est imposée aux inspecteurs du fisc espagnols et britanniques. À moins que les Football Leaks ne réveillent leur curiosité. Du coup, Mourinho et son agent ont ouvert, samedi 3 décembre, le parapluie, par avocats interposés. « Jorge Mendes n'est pas un conseiller fiscal et n'a jamais recommandé aux joueurs de structure pour les droits d'image », indique un communiqué des avocats, qui renvoient la patate chaude vers les clubs. Selon leur version, les structures ont été créées « à la requête des clubs sur le conseil de professionnels du droit fiscal ». Peu probable que les clubs concernés confirmeront cette version : une enquête s'impose pour démêler l'écheveau.
     

Partager cette page